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Savignac s’ouvre les portes de l’Asie !

Savignac s’ouvre les portes de l’Asie !

Interview exclusive de Richard Ginioux sur la conférence organisée par Dusit Thani College à Bangkok en avril 2016

Ecole de Savignac : Vous vous êtes rendu cette année à Bangkok pour participer à la conférence annuelle d’ApacChrie. Pouvez-vous rappeler ce qu’est cette organisation et comment elle fonctionne ?

Richard Ginioux : « CHRIE (Council on Hotel, Restaurant & Institutional Education) est née en en 1946 avec l’objectif de favoriser les échanges entre ses membres, notamment en termes de visions, d’idées et d’expériences, mais aussi de collaborer dans le domaine de la recherche. CHRIE est aujourd’hui la référence mondiale dans le domaine de l’enseignement supérieur pour l’Hôtellerie, les loisirs et le tourisme. Elle constitue également le plus riche et le plus vaste réseau international dans notre spécialité, avec plus de 1000 écoles, universités et groupes leaders de notre secteur, répartis sur la surface du globe. »

Ecole de Savignac : On parle d’EuroChrie, d’ApacChrie, quel est la signification de ces acronymes ?

Richard Ginioux : « Lorsque l’enseignement supérieur hôtellerie restauration tourisme s’est développé et structuré à l’échelle mondiale, CHRIE a choisi de rassembler ses membres dans des fédérations, qui correspondent aux grandes régions du monde.

Le continent américain est ainsi divisé en 4 fédérations. EuroChrie, qui est née en 1988, couvre l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique. ApacChrie (Asie Pacific Chrie), qui est née en 2002, regroupe l’Asie de l’Est (République Populaire de Chine, Taiwan, Corée & Japon), l’Asie du Sud Est (pays membres d’ASEAN et région Indochine), le sous-continent indien (Inde, Pakistan, Bangladesh et Sri Lanka) et l’Océanie (Australie, Nouvelle Zélande & les îles du Pacifique).

L’ensemble de ces fédérations rassemble les meilleures écoles de notre spécialité au niveau mondial, de Cornell University à Honk Kong Polytechnics en passant par l’Ecole Hôtelière de Lausanne, Hotel School The Hague, Dubaï Emirates Academy, et bien sûr l’Ecole Supérieure Internationale de Savignac.

Cette année ApacChrie organisait sa conférence annuelle à Bangkok, c’était l’objectif de mon déplacement. »

 

Ecole de Savignac : Comment cette mission en Thaïlande s’inscrit-elle dans la stratégie d’internationalisation de l’Ecole ?

Richard Ginioux : « L’Ecole de Savignac est rentrée dans une phase 2 de sa stratégie d’internationalisation.

La première phase, nous l’avons menée avec Roger Haigh, elle s’est traduite par le développement du Foundation Degree et de l’European Bachelor. Cette phase nous a permis de nous imprégner de la rigueur académique qui caractérise les universités britanniques. Cette phase a surtout permis à nos étudiants de vivre des expériences académiques et/ou professionnelles dans des grands pays européens. Le nombre de destination proposées était alors limité (Espagne, Allemagne et Angleterre) et nous ne recevions que marginalement des étudiants étrangers sur le campus.

La seconde phase, que j’ai initiée il y a deux ans, a deux objectifs principaux : offrir à court terme à nos étudiants une expérience académique et/ou professionnelle sur une vingtaine de pays à l’échelle mondiale et accueillir des étudiants étrangers par des conventions bilatérales pour l’Europe et pour le reste du monde avec les meilleures écoles et universités de notre spécialité.

En février 2017 nous recevrons des étudiants provenant d’écoles de management hôtelier, européennes mais aussi nord-américaines, africaines et bien sûr asiatiques.

C’est pour accompagner cette seconde phase que j’ai créé un poste entièrement dédié au développement des projets internationaux, poste qu’occupe aujourd’hui Chrystel Masdupuy. Avec Chrystel, nous nous sommes partagés les zones géographiques : j’ai choisi de me réserver le développement de la zone Asie Pacifique et de confier à Chrystel le reste du monde. »

Ecole de Savignac : Pourquoi cette répartition ?

Richard Ginioux : « Pour différentes raisons. La première est culturelle, les Asiatiques accordent une grande importance à la relation hiérarchique, et le statut de Directeur de l’Ecole a un impact particulier : il permet d’approcher plus facilement et plus directement les dirigeants des écoles avec lesquelles nous souhaitons nous associer. Les asiatiques sont également sensible à l’âge de l’interlocuteur, qu’ils associent à l’expérience, voire à la sagesse. Enfin dans certains pays asiatiques, le rapport entre hommes et femmes est plus complexe qu’en Europe.

La seconde raison est liée à mon réseau. Lorsque j’étais Vice-Président (2012-2013) puis Président d’EuroChrie (2013-2014), j’ai favorisé le rapprochement entre notre fédération européenne et la fédération Asie Pacifique. Je me suis rendu plusieurs fois en Asie où j’ai noué des relations professionnelles et amicales avec les membres du Board d’ApacChrie, qui est constitué des Doyens et Directeurs des plus grandes Ecoles et Universités de la zone Asie Pacifique. Or, comme nos étudiants l’ont appris dans les cours de Management Interculturel, les asiatiques privilégient les relations à long terme. La confiance, la respectabilité sont des notions essentielles. Il aurait été improductif de ne pas valoriser ces relations, construites au fil des années.

La dernière raison est stratégique : le développement international de l’Ecole passe également par la délocalisation de nos programmes, comme nous l’avons fait à Casablanca et à Dakar. Nous recherchons aujourd’hui un partenaire asiatique pour développer ensemble notre Bachelor International. Ces approches sont complexes, car elles impliquent une négociation notamment concernant la définition du Business Model sur lequel se fonde le partenariat, négociation qu’il m’appartient de mener en tant que Directeur de l’Ecole.

Concernant les partenariats qui portent sur des échanges d’étudiants, nous travaillons de concert avec Chrystel : si j’initie généralement la négociation, c’est très vite elle qui prend le relais pour confirmer l’essai. Ensemble nous avons permis la signature d’un partenariat avec Dusit Thani College (voir photo jointe), avec Honk Kong Polytechnics, et avec Taylors University en Malaisie. J’ai profité de ma présence à Bangkok pour entamer des pourparlers avec 5 autres écoles, au Vietnam, en Indonésie, aux Philippines, en République Populaire de Chine et Taiwan…de belles perspectives pour nos étudiants

Ecole de Savignac : Ces conférences sont donc avant tout une opération de Networking ?

Richard Ginioux : « Pas seulement, être présent en Asie c’est montrer aux autres Ecoles de la Région, et à nos concurrents européens que nous avons une ambition et une dimension mondiale. Parmi les Ecoles françaises, seules l’Institut Paul Bocuse et l’Ecole de Savignac participent activement aux conférences ApacChrie. Les autres pays européens sont mieux représentés que la France : Lausanne et Glion participent annuellement à ces conférences, tout comme les grandes Ecoles ou universités anglaises, allemandes, ou hollandaises. Etre présent, c’est donc donner de la visibilité à notre Ecole, c’est essentiel. La régularité et la continuité de notre présence sont la clef de la réussite, c’est encore plus vrai en Asie.

Enfin une conférence est toujours organisée autour d’un thème, cette année c’était Le « Risk Management », une préoccupation essentielle dans les temps difficiles que nous traversons. J’ai pu assister à des exposés passionnants et j’ai beaucoup appris sur la question. Je suis résolument déterminé à intégrer cette discipline dans nos programmes car malheureusement, pardonnez-moi de clôturer cet interview sur une note négative, la prévention et la gestion de situations critiques telles que les crises économiques ou financières, l’instabilité politique, les menaces terroristes, les désastres naturels ou encore les épidémies, est une de nos missions. »